Archives du mot-clé usages

Une maison paille évolutive

 

La demande pour ce projet, situé dans la belle région du Trièves, était double :

- Une maison organisée spécifiquement pour un père et une mère non-cohabitants, autour de leurs enfants ; mais qui puisse s’adapter facilement à des changements de schéma familial ou à une mise partielle en location.
- Une maison saine, très peu énergivore, et éco-construite : l’isolation en paille faisait partie du cahier des charges de la cliente

A cela s’ajoutait le règlement local d’urbanisme, dans l’Aire de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine de Mens qui apportait, malgré le contexte de hameau lâche de maisons récentes pour la plupart, des contraintes importantes sur l’implantation et l’expression architecturale de la future maison.

Heureusement, la faible distance du centre bourg, le voisinage peu contraignant, le terrain presque plat, la bonne exposition solaire, les vues intéressantes sur les montagnes environnantes constituaient autant d’atouts favorables au projet.

Bassan03

Afin de trouver une mise en espace qui résolve toutes les contraintes, une étude de faisabilité confrontant plusieurs scénarios contrastés a permis de clarifier la vision du projet, au prix de nombreux aller-retours.

Bassan08

 

Bassan01Le choix s’est porté sur une implantation parallèle au chemin communal, avec une toiture traditionnelle à deux pans dans le sens de la longueur. Un petit abri annexe permet d’abriter les vélos et la matériel de jardinage.
De type longère, la maison est organisée en trois « tranches » : un logement sur deux niveaux à l’est bénéficie de la vue sur l’Obiou, un autre logement sur deux niveaux à l’ouest bénéficie lui de la vue sur le mont Aiguille. Quant à la partie centrale, elle est modulable pour être attribuable en tout ou partie à l’un ou l’autre des logements, en fonction des besoins.

Celle-ci, à rez-de-chaussée, offre une grande pièce traversante qui ouvre sur le jardin au nord, et se prolonge côté sud par une vaste terrasse couverte d’une pergola végétalisée, qui abrite les entrée privatives. Cette grande pièce, à usage de pièce commune, d’accueil d’activités ou de salon privatif, peut communiquer vers chacun des appartements. A l’étage, le plateau correspondant est destiné à des chambres pour l’un ou l’autre logement.

BassanRdc

BassanR1

 

D’un point de vue constructif, le bâtiment est édifié en ossature bois sur un soubassement maçonné. Les murs périphériques sont isolés au moyen de bottes de paille en pose verticale avec feuillure, ce qui permet d’offrir une isolation continue et un support homogène pour recevoir un enduit terre. Les façades sont enduites à la chaux ou bardées de bois brut. La toiture est quant à elle isolée en ouate de cellulose insufflée.

Le haut pouvoir isolant de la paille, associé à des menuiseries triple vitrage pour les orientations nord, est et ouest, et l’inertie thermique apportée par la dalle basse, les refends lourds et les enduits terre, permettent d’offrir un très bon confort thermique à la maison ; un poêle à bois de faible puissance suffit à la chauffer en hiver, et des panneaux solaires en toiture assurent l’essentiel de la fourniture d’eau chaude.

L’ensemble de ces matériaux est également choisi pour leur qualités de régulation de la vapeur d’eau et dans une recherche de confort acoustique, essentiel dans cette maison abritant plusieurs unités de vie.

Bassan07Bassan06

Bassan11
Bassan13
Bassan12

Bassan15
Bassan14

 

Missions réalisées : mission complète

Le Milloret, habitat participatif

Un large groupe d’habitat participatif, de 11 foyers, nous a sollicités, moi et deux consœurs (Alexia Valdès et Marine Barbe), pour étudier la faisabilité de leur projet sur une commune du nord-Isère.

Le lieu est une ancienne et vaste propriété, constituée d’une maison de maître avec ses commodités (piscine, tennis, parc…) d’une part, et d’une vaste grange en pisé et d’une fermette rassemblées autour d’une cour, d’autre part. Ce sont ces deux derniers bâtiments qui sont destinés à accueillir le groupe, la maison de maître étant envisagée comme un logement-tampon, puis à terme comme un lieu d’accueil.

Milloret-02

Une position dominante mais à l’orée d’une crête boisée, une implantation parallèle des deux bâtiments qui dessine une séquence paysagère qui cascade de la lisière boisée au village, en passant par le cœur du site Au-delà des protections patrimoniales réglementaires en vigueur sur le site… le lieu possède de vraies qualités paysagères et constructives qui lui donnent son identité. L’implantation perpendiculaire à la pente et l’orientation solaire sont intéressantes, tout comme le préau de la ferme, placé en balcon sur la vallée.

Milloret-01

Milloret-03
Milloret-04

Milloret-06

En regard des deux grands bâtiments en pisé qui structurent le site, le pavillon du bûcher apparaît comme un objet architectural singulier, en point de mire depuis l’entrée de la cour.

Milloret-07

Sa visibilité, son vis-à-vis avec les pignons amont des deux bâtiments, son altitude correspondant à celle de la zone de baignade, sa situation à mi-distance de la forêt incitent à s’appuyer sur ce pavillon pour articuler l’aménagement du site.

En effet, investir ce pavillon et son esplanade comme lieu de convergence du site, en y développant par exemple une cuisine commune, une bibliothèque, l’accueil d’activités de groupe… permet d’organiser clairement les fonctions sur le site, dans une approche permaculturelle :

• Les lieux partagés se connectent alors directement à ce cœur de site : étage de la grange (lieu de travail partagé, salle de réunion, hébergement ?), dernière travée de la ferme (maison d’hôtes ?), zone de baignade existante et ses pavillons. L’ensemble dessine une nouvelle circulation structurante, allée paysagère bordée d’espace productifs partagés ou privatifs, qui s’étire jusqu’à une zone de lagunage et de compostage au nord du site.

• En contrebas, les habitations s’ouvrent de plain-pied au niveau de la cour, qui joue le rôle de « vestibule » semi-privatif. Seule la boulangerie, sous le préau de la ferme, s’affiche en accroche sur la route communale, à proximité immédiate du stationnement.

• En contrehaut, une prairie bordée de fruitiers constitue un espace de jeux visible du cœur de site, et une invitation vers la forêt toute proche.

Milloret-051
Légende

A  Chemin communal – se relier au territoire
B  Promenoir collectif – partager avec les autres
C  Sentier forestier – être avec soi
1  Seuil belvédère : stationnement
2  Accroche sur la voie publique : boulangerie
3  Vestibule : cour d’entrée semi-privative
4  Cœur du site : place haute à la croisée des circulations, avec le pavillon commun : cuisine,
convivialité, bibliothèque, jeux…
5  Verger-prairie de jeux, échappée vers la forêt…
6  Coteau productif à portée de vue depuis l’allée : potager, petits fruits… collectif ou en parcelles
7  Zone lagunage et compostage, possibilité d’un relevage pour l’arrosage des jardins
8  Zone détente autour du bassin renaturé, exposition solaire…
9  Ancienne ferme, dédiée à l’habitat. Possibilité d’une connexion directe sur l’allée commune en
partie amont, pour des fonctions partagées (maison d’hôtes ?).
10  Ancienne grange, dédiée à l’habitat dans la partie pisé. La partie sous charpente directement
connectées au cœur du site, est consacrée à des fonctions collectives (coworking, salle de
réunions, quelques hébergements?) avec une vue sur le village à l’ouest.
11  Ancienne maison de maître, à programmer autour de l’accueil touristique, des formations et
événementiels thématiques. Problématique ERP à traiter.

Mission réalisée : Etude d’Esquisse

Un habitat berger

 
Ruby00

Un couple de bergers, établi dans une vallée des Alpes de Haute Provence, souhaitait transformer leur lieu de vie en prévision de la retraite. Habitués à partir en estive avec leurs bêtes une partie de l’année et à loger dans des habitats légers et temporaires, ils occupaient un mobil-home installé sous un hangar existant.

Ruby01

Une première étude de faisabilité ayant mis en évidence l’intérêt de réaménager le hangar plutôt que de construire un nouveau bâtiment, le projet s’est appuyé sur une conception bioclimatique d’une part, et sur une attention aux usages existants d’autre part.

En effet, entre le mobil-home, espace de repli confiné et chauffé, les espaces extérieurs abrités sous le hangar et les abords immédiats, tout était déjà exploité et agencé en fonction de l’exposition au soleil ou à la pluie, des vents dominants, des vues lointaines, des usages proches (stationnements, stockage du bois…).

Le redéploiement de l’espace de vie prend en compte ces usages existants, pour apporter un nouveau confort simple, avec une consigne forte : pas de portes intérieures !

Il constitue un volume contemporain sous le hangar agricole existant, permettant d’embrasser de partout le panorama, et déploie des espaces extérieurs intermédiaires.

Ruby02
Ruby03
Ruby04
Ruby05
 
Mission réalisée : Études de faisabilité, Avant-Projet, PC, PRO-DCE